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Pour l’arrêt des poursuites contre les occupants de l’ONEM de Liège en 1999

Date de lancement de la pétition : samedi 7 juin 2008

Cette pétition a actuellement reçu 461 signatures

dont 262 signatures électroniques et 199 dans la version papier

La Cour d’Appel de Liège jugera le 10 juin prochain 4 militants qui en mai 1999 ont participé à une occupation des bureaux de l’ONEM. Ils étaient une cinquantaine ce jour-là à l’intérieur des bâtiments, soutenus de l’extérieur par quelques dizaines d’autres. Leur objectif : réclamer une rencontre avec le directeur de l’ONEM afin qu’il s’engage, entre autre, à mettre fin aux « visites domiciliaires » sauvages que des inspecteurs multipliaient à l’époque auprès des chômeurs.

Cinq ans plus tard, 4 militants parmi les occupants se sont retrouvés sur les bancs du Tribunal correctionnel de Liège. Accusés de vol, complicité de vol, de destruction d’édifice public : bref, d’être des criminels ! Pire encore, puisque la prévention de destruction d’édifice public relève de l’armada législatif antiterroriste ! Un des 4, pourtant « reconnu » par le personnel, a pu prouver qu’il n’était pas à Liège ce jour-là. Il a été acquitté. Deux autres ont obtenu la suspension du prononcé, le quatrième a été condamné à un mois de prison avec sursis. Au civil, l’ONEM a obtenu 1000 € de dédommagements pour les torts subis au lieu des 7000 réclamés. Le Ministère public a, quant à lui, été débouté pour la quasi totalité des préventions.

Pas satisfait de ce jugement, l’ONEM a interjeté appel. Le Ministère public lui a emboîté le pas.

Ce 10 juin 2008, 9 ans après les faits, l’ « affaire » va être rejugée au civil et au pénal.

L’occupation des locaux de l’ONEM était une action politique collective. La revendication centrale était la suppression des visites domiciliaires. Celles-ci étaient de véritables perquisitions (sans mandat !) au cours desquelles la vie privée des chômeurs était fouillée sans aucune retenue ni respect élémentaire. Le but : traquer les isolés pour tenter de prouver qu’ils étaient en fait des cohabitants, déduire d’éléments relevant de la vie strictement privée des conclusions arbitraires de vie commune. Des milliers de chômeurs ont été lourdement sanctionnés suite à ces contrôles. Quelques mois après l’occupation de l’ONEM, et après des années de lutte, les visites domiciliaires ont été abrogées de fait par l’autorité publique. Une manière de reconnaître que les militants avaient donc raison…

L’ONEM et le Ministère Public tentent pourtant de faire passer les militants pour de vulgaires petites frappes. C’est dans l’air du temps : ceux qui mènent des luttes sociales au sens large, dans des domaines très divers, sont considérés comme des criminels et jugés comme tels. La dimension politique et collective est totalement évacuée. Nous nous insurgeons contre cette dérive.

Nous soutenons les 4 inculpés devant la Cour d’Appel de Liège. Nous estimons qu’il n’ont pas leur place dans un Tribunal. En conséquence, nous exigeons de l’Onem et du Ministère Public qu’ils arrêtent toute poursuite judiciaire, civile et pénale, à leur encontre.

A l’heure où se préparent de nouvelles mesures de contrôle des chômeurs qui ne feront que renforcer la politique d’exclusion massive en cours, à l’heure où les lois antiterroristes s’appliquent aux militants des mouvements sociaux, ce soutien nous semble un devoir démocratique élémentaire.

Premiers signataires

Bernard FRANCQ, professeur, UCL, Benoît DASSY, secrétaire fédéral des Equipes Populaires, Bruxelles, Corinne GOBIN, professeur, ULB, François GOBBE, membre de Kairos Europe, Mateo ALALUF, professeur institut de sociologie ULB, Manuel LAMBERT, conseiller juridique Ligue des droits de l’Homme, David LELOUP, journaliste à Imagine Demain le Monde, Christine PAGNOULLE, présidente de Attac Liège, chargée de cours à l’ULG, Michel ROUSSEAU, secrétariat des Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions, Isabelle STENGERS, enseignante ULB, Michel ANTAKI, directeur de l’asbl « D’une certaine gaieté », Pierre EYBEN, secrétaire politique du PC Liège, Paul-Emile DUPRET, juriste, Parlement européen, Cristina GAY, co-porte-parole d’UAG, Freddy BOUCHEZ, accompagnateur syndical FGTB du Centre, Raphaël DOLI, accompagnateur syndical FGTB Brabant wallon, Freddy DEWILLE, conseiller communal du groupe Gauche, Anderlues, Catherine LEVY, sociologue CNRS retraitée, Paris, Michele LEMBO, citoyen engagé, Stefan ROUMEN, membre de « Armoede Vakbond », Marie CAPPART, permanente délégation étudiante BEA, Brian BOOTH, vice-président Jeunes socialistes européens, Béatrice CLEMENTS, conseillère provinciale, Neufchâteau, Dr KAREVSKI, Dragi, Maître de conférence à l’université Henri Poincaré, NANCY, Yves MARTENS, porte-parole de la Plate-forme Stop chasse aux chômeurs, Vincent DE RAEVE, cellule TSE-FGTB, Jean-François GERKENS, accompagnateur FGTB, Agnès RAEMAEKERS, accompagnatrice FGTB, Patrick ITALIANO, sociologue, ULG, Anne BOULET-LAUWERS, secrétaire régionale Ecolo Arlon-Marche-Bastogne, Zoé GENOT, députée fédérale Ecolo Bxls-Hal-Vilvorde, Jacques-Yvan DUCHESNE, musicien, Didier de LANNOY, écrivain, Benjamin DEMAN, avocat au barreau de Bruxelles, Florence CAYEMAEX, chercheur qualifié FNRS, ULG, Olivier VERSCHUEREN, libraire, Marc JACQUEMAIN, professeur, Robert SALVADOR, pour la délégation SETCA de CMI, Jean-Yves RUYKENS, permanent interprofessionnel CSC Liège-Huy-Waremme, Guy KRETTELS, conseiller communal Ecolo (Liège), Céline DELFORGE, députée bruxelloise Ecolo, Guéric BOSMANS, conseiller CPAS (PS) Uccle, Jacques AGHIO, professeur émérite ULG, Murielle FRENAY, permanente adjointe au secrétariat Centrale générale FGTB Liège-Huy-Waremme, Christiane MAIGRE, Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions, Belgique.

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